Nicolas Sarkozy a décidément décidé de jouer la carte de la rupture à fond pour le sauvetage in extremis de son 1er mandat à la Présidence française! Cinq long mois après avoir annoncé un remaniement ministériel, il arrive à nous scotcher par un dénouement bluffant!
Mais tout n’a pas été facile pour N. Sarkozy qui a réaliser (finalement) qu’il avait peu de carte à jouer. On nous promet un revirement social avec un J-L. Borloo premier ministre. On parle de son manque de clarté et d’éloquence, de son look inapproprié, de ses tendances à aller un peu fortement avec l’alcool. En revanche, on souligne très volontiers ses airs de “Monsieur Tout le Monde” qui attire la sympathie des uns. Et tout cela malgré lui.. Quel destin! Mais les pronostics s’avèreront mauvais. C’est sans compter l’ambition secrète de F. Fillon qui, voyant son adversaire mis un peu trop en avant à son goût dans les médias, attaque directement: pour lui, un remaniement est inutile voire dangereux pour l’élan réformateur actuel. Il ne faut surtout pas changer de ministres pour ne pas changer de cap. Il prescrit de la CONTINUITE. Pour N. Sarkozy qui cherchait à regagner la confiance des Françaises et des Français, les conseils de F. Fillon sont mal venus. Au final, F.Fillon aura eut raison de lui. Il reste premier ministre.
Pour J-L. Borloo, l’avenir est presque incertain, quoiqu’il semblerait tenté par les très prochaines élections de 2012. Malgré son allure atypique, il faut croire que ce petit homme humilié par le 1er des Français a la dent dure, à juste titre. Personnellement, je ne l’ai jamais vraiment apprécié ce petit bonhomme vert mais quand je vois l’humiliation et l’irrespect dont il a fait l’objet depuis plusieurs semaines, j’ai tendance à ressentir de l’estime à son égard. Bizarre, non?
Pour F. Fillon, je dirais seulement que mes sentiments sont plus mitigés. Il apparait comme un homme respectable, modéré et réfléchi. Mais la chose à laquelle on a tous plus ou moins de mal à se faire, c’est l’irrégularité de son action politique, sous les commandements du Président de la République. Il est le représentant des ministres et à ce titre donc, il se doit de jauger les décisions de tous pour établir un certain équilibre dans la conduite du gouvernement. A part ça, on en sait que très peu sur ses convictions politiques finalement. Quelles décisions prend-il, à part défendre celles de ses confrères? Il est absent de la scène politique dans un sens strictement pragmatique. En revanche, en dehors des conférences de presse de toutes sorte, F. Fillon mène le jeu, il a véritable une influence sur N. Sarkozy. Malgré une popularité discontinue, il reste tout de même dans le cœur des Français une figure importante du gouvernement. Est-ce pour cela que le Président de la République a choisi de le garder, même après la démission de celui-ci? Nul doute. Outre ses qualités d’homme politique, F. Fillon est un homme de cœur. Il nous rassure. Mais qui ne le serait pas aux côtés de N. Sarkozy, hyperactif et sur-booké, capable de se rendre aux quatre coins du monde en moins de 48h et qui plus est dans un avion d’une valeur incommensurable pour le commun des mortels. Auprès de F. Fillon, N. Sarkozy gagne en confiance, échappant à l’observation des Français, et oubliant ses “priorités” politiques pour se consacrer aux plaisirs luxueux, ostentatoires et frivoles que même les Princes Saoudiens n’osent pas affichés aux yeux du monde en cette période de crise économique mondiale..
On nous promet du lourd, on se coltine A. Jupé! Pas sur que la rupture et l’ouverture soit au rendez-vous. Quelques têtes sautent comme à chaque remaniement: B. Kouchner, R. Yade, F. Amara, symboles d’ouverture et de mixité. Le point positif du nouveau gouvernement Fillon III: un gouvernement rétrécie à 30 (le précédent comptait 37 ministères) donc moins de dépenses pour l’État et 8 femmes au total.
On s’en contentera jusqu’aux prochaines élections présidentielles, en espérant un peu plus de social, de pouvoir d’achat, d’emploi et de pouvoir à l’international..
A bon entendeur..